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Associations LGBT+ au Tango de demain

Notes de la réunion Tango 3.0 avec les associations – Jeudi 3 février 2022 – 19h

18 personnes présentes

Associations représentées :

Acceptess T – Rainbow evidanse – Beit Haverim – Equivox – Laissez-nous danser – Cercle du marais – Cineffable –  Gamm’elles  – Tangolibero – Sœurs de la perpétuelle indulgence – Vendredi des femmes (Centre LGBTQI+) – FR MJC Ile-de-France Pôle Simon Le Franc – Gare ! – 7e genre – Contrepied – MTF

Philosophie générale du projet :

Reprendre les fondamentaux du Tango (époque Boîte à Frissons), la dimension LGBT+, en y ajoutant une inclusivité plus vaste, notamment par rapport au quartier.
(D’où la présence à cette première réunion de deux représentant·es du centre d’animation Simon Lefranc affilié à la Fédération française des MJC, Camille et Patrick.

Présentation du projet pour les associations :

Ce qui s’est fait au Tango : thé dansants, réunions, débats, répétitions, évènements, fêtes, bingos, etc.

La nouveauté du Tango 3.0  : gestion en coopérative de la totalité du lieu, y compris le bar et le vestiaire, avec un fonctionnement en équipe, cohérente et formée à l’esprit de la coopérative (les salariés sont associés et intègrent le collège des acteurs du projet).

Ce qui va rester comme pilier fondamental : la discothèque le week end. Ces soirées sont la marque de fabrique du lieu, un bal de la diversité, régulier, avec son style et sa programmation variée.

Ce qui pourra se faire d’autre, notamment avec les associations :
ouverture du créneau du dimanche pour les associations et autres soirées expérimentales pas forcément lucratives,
– partenariats plus faciles qu’avant, par exemple avec les associations de danse pour organiser des cours de danse avant les bals,
En pratique comment les associations peuvent-elles entrer dans la coopérative ? Participation pour les associations : possibilité de choisir entre 3 catégories d’associées :
Soutiens : au moins 200 euros (2 parts)
Organisatrices d’évènements : au moins 500 euros (5 parts)
Bienfaitrice : au moins 1000 euros (10 parts)

Le statut de coopérative oblige à avoir des catégories ; mais ça permet aussi de fixer la participation de chacun·e.
La souscription permet de voter aux AG (une association = une voix) et de se présenter au conseil d’administration.
En Assemblée Générale, les votes se feront par collèges, avec 4 collèges. Les associations seront soit dans le collège des soutiens, soit dans celui des organisatrices d’évènements.

Qu’est ce que cela signifie pour une assoc de s’engager dans la coopérative :

On adhère au projet que l’on a envie de soutenir.
On apporte une participation financière (en fonction de ses moyens) qui va permettre à l’activité de se mettre en place et devenir autonome. L’argent apporté sert à la coopérative de démarrer, on ne l’apporte qu’une fois. Il sert à constituer un capital de départ, et l’espoir est qu’au bout d’un an l’activité sera rentable et fonctionnera d’elle-même.
On peut ensuite s’impliquer au-delà du soutien en participant à la programmation, par exemple en étant organisatrice d’évènements, ou en donnant des coups de mains avec des bénévoles.

Il y aura aussi un comité de programmation, en plus de l’AG et du CA, qui décidera collectivement de la programmation.

Dans un premier temps, la participation des associations a un enjeu à la fois financier et symbolique : c’est un soutien qui va permettre au lieu de repartir, sur de nouvelles bases. Lorsque l’activité va démarrer les associations pourront totalement s’impliquer dans l’animation du lieu.

Questions / Réponses :

– Possibilité pour les assocs d’organiser des activités régulières, ou seulement ponctuelles ?

Très bonne question, mais difficile à répondre. Il y aura des choses possibles à organiser sur une base régulière en journée (et en semaine). Cela dépend pour quoi faire et pour quel public.

En revanche, il n’y a pas intérêt pour un lieu comme celui-là à avoir trop de créneaux réservés à l’année, parce qu’il y aura besoin de garder un peu de souplesse, par exemple pour des répétitions, des spectacles inédits ou originaux à conserver plusieurs soirs, etc.
En revanche il y aura un cadre dans la semaine et les week-ends sont bloqués pour la discothèque.
La programmation sera décidée bien en amont, au moins chaque trimestre.

– Possibilité pour les associations de danse qui avaient leurs habitudes de continuer leurs activités ? (Question de Laissez nous danser et Rainbow Evidanse)

Il y a déjà eu une première réunion avec les associations de danse à deux, elles vont pouvoir continuer à animer les soirées (en fait, les débuts de soirée) et il pourra aussi y avoir des cours de danse avant l’ouverture, et des thés dansants le dimanche.

– Qu’est ce que la coopérative attend des associations ? De l’argent ? Des personnes en soutien ? Des bénévoles ?

Distinguons ce qu’on va faire en régime de croisière, et la question ponctuelle du départ. Pour l’instant, la question est de réunir la somme pour démarrer. Là il faut que les gens se mobilisent. Si on ne trouve pas le capital nécessaire à un bon démarrage, on va mal partir, voire pas partir du tout ! Il y a déjà des patrons « classiques » qui sont prêts à reprendre le Tango pour en faire un établissement commercial.

Mais l’apport des associations ne va pas s’arrêter aux finances : dès la fin du mois de février on va réunir le comité de programmation qui sera le lieu de mise au point des activités de la salle.
Enfin lorsque l’on démarrera, les associations auront à gérer leurs événements, toujours avec l’appui des salariés.

– Comment faire pour connaitre régulièrement l’évolution de la souscription, pour savoir s’il faut compléter pour arriver au seuil des 100.000 euros ?

La coopérative est une Société Anonyme à capital variable. Si plus tard il y avait besoin de faire une augmentation de capital, ce serait possible.
Pour la souscription, il y a un petit groupe de 7 ou 8 personnes, qui se réunissent en comité de pilotage tous les samedis. Une information va être effectuée, sur le site et les réseaux sociaux pour rendre compte de l’avancée de la souscription.

Ce soir, entre ce qui est versé et les promesses, on n’est pas loin des 30.000 euros.
C’est pas mal. Nous commençons juste la promotion et la recherche de mécènes « riches ».

– Les sœurs de la Perpétuelle Indulgence sont très intéressées par le projet, mais s’interrogent : une association à but non lucratif peut-elle participer à une société commerciale et toucher des dividendes ?

Être à but non lucratif n’interdit pas de faire des bénéfices mais de les distribuer aux membres. Le profit d’une association doit rester dans l’association. Donc une association a le droit de recevoir des dividendes, du moment qu’elle le réinvestit. Et notre coopérative aura une lucrativité limitée : elle n’aura le droit de distribuer au mieux que 40% des bénéfices, le reste doit obligatoirement être réinvesti dans l’activité.

– Quel est le modèle économique de la coopérative ? Comment cela va fonctionner, à mi-chemin entre une société commerciale et une association ?

Pour faire simple, la SCIC (coopérative à intérêt collectif) est un statut juridique équilibré pour concilier autonomie financière (on doit être rentable) et actions sociales, culturelles, solidaires (pas rentable du tout, mais tellement utile et nécessaire pour mieux vivre).

On veut être un intermédiaire entre le système alternatif squatt/prix libres et les lieux purement commerciaux.

Dans notre prévisionnel c’est la discothèque le week end qui assure la rentabilité et permet d’imaginer en semaine des activités non lucratives.

– Quels sont les couts fixes ? Est-ce que les soirées du week-end vont suffire à les financer ?

Oui, c’est le principe du projet. Oui, cette salle peut être rentable, tout en faisant du social.

Il y aura des salarié·es, et des prestataires de service, pour que la salle fonctionne.

Il faudra trouver un équilibre entre le bénévolat et les salarié·es (par exemple, pour le bar pour la musique, etc., si on veut que ça ait lieu toutes les semaines, il faudra des salarié·es. Il faudra quelqu’un·e pour assurer un rôle de régisseur, de concierge, etc. Il faudra un équilibre entre salariat et bénévolat.

–  Equilibre entre le don et le fait d’être partenaire pour investir régulièrement la salle pendant l’année ?

Une difficulté sera que, souvent, les associations veulent organiser des évènements le soir le week-end ; mais là ça ne sera pas possible, parce qu’il y aura une programmation récurrente le week-end. La salle aura une clientèle régulière marquée, qu’il faut conserver et à qui on doit garantir l’entrée. Les créneaux pour les associations seront plutôt le dimanche et en semaine.

– Dimensions et capacité du lieu ?

Pour la capacité, ça dépend de ce qu’on fait. Pour un spectacle assis, entre 100 et 120 personnes. Pour un spectacle debout, plutôt 200. Les soirées du week-end, c’est autour de 350-400, mais ce sont avec des personnes qui tournent.

– Comment sera établie la programmation ?

Il y aura une grille d’occupation de la salle, avec des créneaux horaires : journée, soirée, nuit. Des événements seront réguliers, d’autres ponctuels.
Cette programmation est conçue au moins trois mois à l’avance, sauf urgences qui pourront s’intercaler si besoin.

– Sera-t-il possible d’organiser des évènements avec des critères de non-mixité ?

Ce sera au collectif de décider. Il y a déjà eu de la non-mixité pour les thés au gazon (pas totalement cependant). Beaucoup de soirées gays sont de fait non mixtes sans le proclamer (juste hommes).
Le Tango vise la diversité et l’inclusivité. Il faudra examiner les demandes et les besoins. Si un groupe éprouve le besoin d’une rencontre non mixte, pourquoi ne pas accéder à sa demande ? Mais bien entendu en dehors des soirées du week end.

Prochaines réunions :

Comité de programmation : probablement le mardi 22 février ou 1er mars, quand il y aura une idée de ce que donne la souscription.
Ensuite : prévoir l’ouverture 3 mois à l’avance.